digital learning contre presentiel un faux debat

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Publié le , mis à jour le par Loïc Le Gac

Présentiel contre digital : un faux débat ?

On oppose souvent le digital au présentiel. Le présentiel et l’humain seraient menacés de disparaître sous les coups de butoirs du digital learning, des MOOCs et des SPOCs. Vrai ou faux ? Et si, finalement ce n’était qu’un faux débat ?

La peur est classique désormais. Lorsque le digital s’empare d’un nouveau secteur celui-ci est voué à être bouleversé de fond en comble et les activités traditionnelles à disparaître. Le secteur de la musique en est un bon exemple dont le modèle économique a été refondu de fond en comble. Il en est de même de la presse, des médias, du cinéma… Ainsi dans le cas de la formation professionnelle l’arrivée du digital learning, son renforcement récent, serait la nouvelle apocalypse, la nouvelle peste qui viendrait anéantir les bons vieux stages de formation présentiels, lieux d’échanges féconds et de véritable apprentissage. Si l’on suit les contempteurs du digital son tableau de chasse est complet :

  • Il fait disparaître le métier de formateur
  • Il menace les organismes de formation
  • Il supprime l’humain de l’éducation et de l’apprentissage

Cette hécatombe n’aurait qu’un effet la baisse de qualité de la formation qui ne saurait se passer d’échanges réels et d’un formateur en chair et en os.

Digital learning contre presentiel classe sans humains

Le digital n’est pas là pour remplacer

Comme toute peur, celle-ci comporte une grande part d’irrationnel répondent les avocats du camp adverse. Le digital n’est pas là pour remplacer, pour faire disparaître. Il constitue une évolution, une transformation de la formation. Il ne s’agit de faire un choix entre le tout ou rien. Le bon équilibre se trouve dans le blended learning et la classe inversée. C’est en articulant intelligemment le digital et le présentiel que l’on arrive à des formations efficaces. Le digital permet de former tout le monde aux aspects les plus théoriques, à son rythme. Le présentiel lui est consacré aux problèmes concrets pratiques, dans un dialogue fécond entre le formateur, le coach et les stagiaires. A bas la révolution digitale, vive la transformation digitale !

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Le digital learning parfois incontournable

Pourtant. Pourtant, le digital learning sans présentiel aligne des arguments solides et constitue une réalité que l’on ne peut nier et qui ne se résume pas au blended learning. Premier intérêt, l’intérêt économique. Substituer aux coûts répétés de déplacement de logistique, de formateurs, un seul coût d’investissement permet de multiplier les formations. Deuxième argument, la réactivité. Il est indispensable aujourd’hui pour la formation d’accompagner un changement pas toujours facile à anticiper longtemps en avance. Il faut non seulement accompagner ce changement au plus près mais en plus en touchant l’ensemble de la population de collaborateurs concernés. Le présentiel est lent, inscrit dans le temps. Le digital est réactif, facile à diffuser en nombre, dans l’instant. Ce deuxième argument est renforcé par un troisième argument fort : la transformation digitale des activités impacte en profondeur les métiers, les filières, les compétences. Il est du devoir de l’entreprise d’être en mesure de former ses salariés pour les accompagner dans ces transformations.

L’humain fait partie du digital learning

Donc certes le digital n’est pas uniquement un grand méchant loup et peut se conjuguer avec le présentiel mais dans une grande partie des cas il constitue la seule réponse possible. Alors faut-il redouter cette transformation ? Il faut déjà être précis et apporter des nuances. Digital learning ne veut pas dire moins d’humain. C’est un peu plus compliqué que cela. Depuis les années 2010, le digital learning utilise à profusion la vidéo plus que l’avatar numérique. Dans ces vidéos on essaye de mettre en scène le meilleur expert, doublé du meilleur pédagogue pour diffuser le savoir. Première présence de l’humain. Qui dit digital learning aujourd’hui dit également social learning. Fini le module interactif mais solitaire d’e-learning. On peut en suivant sa formation interagir avec les autres apprenants, avec le formateur, poser des questions et même faire évoluer le contenu même de la formation. Là encore, on reste dans des dispositifs où l’humain est présent. Et puis on peut évoquer toutes les modalités synchrones qui viennent enrichir les parcours : classes virtuelles, webinaires… Au-delà du blended learning et de manière native le digital learning n’est pas inhumain, il l’intègre.

 

Les frontières entre digital et formation classique ne sont donc pas si facile à dresser, à tracer. Si on commence à voir le présentiel et le digital non pas comme des modalités irréconciliables mais comme des outils le débat devient sans objet. Il n’y a pas d’intérêt à comparer dans l’absolu l’un et l’autre, c’est bien souvent faux et caricatural.Dans certains cas un outil digital de formation sera plus efficace, dans l’autre une session présentielle sera préférable. La seule question qui vaille est celle de répondre à des objectifs clairs de formation et à identifier quel est le meilleur scénario, la meilleure learning experience multimodale, la meilleur expérience d’apprentissage qui pourra être proposée à l’apprenant.

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