7 mars 2016  - Digital Learning
Communication
Evaluation

Revue de presse #1 : les MOOCs en question


Titre «  Classes inversées : agilité et différenciation »
Source : Thot Cursus – formations & culture numérique
Date : 7 décembre 2015
Auteur(e) : Julie Trévily

Il est facile de confondre diriger et contrôler. La classe est un lieu particulier, qui mérite qu’on s’attarde un peu avant de prendre la décision de changer de pédagogie. 

Pourquoi ? Car il en va des classes comme des équipes de travail en entreprise : chaque participant est différent, veut être reconnu comme tel et préfère que l’on s’adapte à lui plutôt que l’inverse. Au Canada, ce constat est entériné, c’est la raison pour laquelle on travaille largement d’après la pédagogie différenciée pour mettre en exergue ce qu’on appelle « l’effet enseignant ». Ce dernier renvoie au fait que c’est l’enseignant qui exerce la plus grande influence sur l’apprentissage des élèves. De plus en plus de pays y ont recours, y compris la France. Cette méthode – dite « agile » -comprend quatre valeurs clefs : une équipe qui communique, un cours précis qui doit être bien compris, une collaboration entre enseignants et élèves, et enfin l’acceptation du changement, c’est-à-dire se garder assez de marge de manoeuvre pour modifier la progression du cours et aller plus ou moins vite selon les moments.


Titre «  Suivre les cours et y participer »
Source : L’Express
Date : 3 décembre 2015
Auteur(e) : Christophe Duteil

Avec l’émergence de la classe inversée, qui suscite actuellement bien des débats chez les enseignants, les cours démarrent de plus en plus souvent à l’extérieur, sur Internet via les MOOCs, pour être ensuite consolidés dans les établissements. « Un créateur d’entreprise ou un salarié qui suit un parcours de formation passe en moyenne 50 % de son temps à regarder des vidéos. Le reste du temps, il échange avec ses pairs et les formateurs sur les forums ou bien par le biais de systèmes de visioconférence ou de vraies réunions… » explique Antoine Amiel, fondateur de LearnAssembly, une société française spécialisée dans la formation professionnelle digitale. Mais qui dit nouvelle méthode dit nouveaux obstacles : au-delà de la complexité liée à l’élaboration des enseignements, les participants se heurtent souvent à une difficulté majeure : celle qui consiste à alterner assimilation individuelle et travail en mode collaboratif.


Titre « MOOCs et étudiants : de la classe inversée au recrutement à l’international »
Source : EducPro
Date : 21 décembre 2015
Auteur(e) : Matthieu Cisel

Depuis leur lancement, un certain nombre de MOOCs ont été utilisés en formation initiale. Deux cas de figure se sont alors présentés : soit il y a hybridation, c’est-à-dire une médiation de la part des équipes pédagogiques, soit il n’y en a pas. La réaction des enseignants qui se voient imposer ce nouvel outil est un sujet maintes fois abordé. On parle moins en revanche de celle des étudiants, qui ne sont pas toujours ravis non plus. D’après les observations de Matthieu Cisel, les étudiants de Grandes Ecoles françaises n’apprécient pas nécessairement de suivre une formation qui ne serait pas exclusive, c’est-à-dire que la formation puisse par ailleurs être suivie par des personnes qui n’auraient pas payé de frais d’inscription ou qui ne seraient pas passés par l’étape des classes préparatoires. Se pose dès lors la question de l’impact des politiques de diffusion de MOOCs sur le recrutement d’étudiants, surtout à l’international. L’auteur a évoqué cette thématique avec un haut responsable de la Delft TU, une école d’ingénieurs hollandaise. Ce dernier affirme qu’environ 10 % de ses arrivants avaient suivi un MOOC avant de mettre un pied dans l’établissement. En effet, si les interrogations sur la place des technologies dans l’enseignement reviennent de manière cyclique, le débat a rarement pénétré la sphère publique aussi profondément que dans le cas des MOOCs. On entend parfois qu’à défaut d’avoir impacté à grande échelle les pratiques pédagogiques, ils ont affecté la perception du numérique pédagogique par l’institution et par les étudiants.


Titre « MOOCs à pas comptés »
Source : Le Nouvel Economiste
Date : 15 décembre 2015
Auteur(e) : Patrick Arnoux

La magie des MOOCs fait des miracles, ou plutôt pourrait en faire avec ces programmes “à la carte”. Il s’agit pour l’heure d’une fiction totale, mais qui suscite déjà des cauchemars chez nombre de patrons de grandes écoles. « C’est un sujet qui excite beaucoup de marques qui auront besoin des écoles, fortes de leurs ressources académiques, pour mettre au point ces innovations pédagogiques et mutualiser les coûts, comme pour les serious game. » explique Jean-François Florina, le directeur de Grenoble école de Management. Chez Audencia, à Nantes, le croisement des expertises est vu par ses représentants comme une richesse, qui permet de ne laisser aucun acteur sur la touche.

Mais si la popularité des MOOCs commence effectivement à enfler, l’équation économique est encore à plusieurs inconnues. Car si les participants doivent payer en fin de parcours pour le valider par un certificat, ils sont fort peu nombreux à parvenir à cette étape ultime, tant le taux d’évaporation est fort. Pour se dissocier, les simples captations de cours sur vidéo des premiers temps font progressivement place à des “objets” numériques très élaborés. Mais plus que des innovations, ce sont aussi des opportunités d’exploration de nouveaux marchés et comportent un aspect social non négligeable : ouverts à tous, les MOOCs permettent à toutes les couches socio-économiques de bénéficier de l’enseignement d’excellence. Or, dans cette industrie fortement globalisée, les offres américaines ont non seulement quelques années d’avance, mais aussi quelques millions de dollars en plus. C’est ainsi qu’une toute autre utilisation des MOOCs pourrait bien voir jour : ils pourraient devenir des prérequis permettant de filtrer les candidats à l’entrée de certains cursus. Les obligeant à acquérir ainsi quelques fondamentaux indispensables avant de pouvoir postuler.


Titre « Les Etats-Unis inventent les MOOCs de demain »
Source : EducPro
Date : 26 août 2015
Auteur(e) : Jessica Gourdon, correspondante aux USA

Toujours à la recherche du bon business model, les Etats-Unis se sont penchés sur de nouvelles déclinaisons : les MOOCs diplômants, les MOOCs payants, ou encore les MOOCs pour entreprises. Si l’intérêt des élèves pour les MOOCs ne cesse de croître, le problème central reste les abandons en cours de route. Pour pallier ce problème et motiver davantage les élèves, NovoEd, une start-up qui a levé 4,8 millions de dollars l’an dernier, s’est positionnée sur le créneau des MOOCs collaboratifs. Non seulement les étudiants suivent un cours, mais ils ont en plus toute une série de projets communs, à distance (projets associatifs, études pour des entreprises, etc.).

Ces efforts traduisent une volonté d’accéder à la reconnaissance académique. C’est dans cette optique que EdX a lancé à la rentrée 2015 un cursus avec Arizona State University, qui permettra à des élèves de valider une année de Bachelor en suivant huit MOOCs.

Le regroupement des établissements est également en vogue. Plusieurs universités ont formé des consortiums pour mutualiser leurs moyens, partager leurs MOOCs, créer des plateformes communes. Côté entreprises, il semblerait que les employeurs prennent de plus en plus en compte des MOOCs dans leurs décisions d’embauche. Selon Daphné Koller, fondatrice de Coursera, « beaucoup d’étudiants mentionnent les MOOCs qu’ils ont suivis sur leur page LinkedIn et certains affirment qu’ils ont été contactés grâce à cela. »

En quête de rentabilité donc, les plateformes continuent d’explorer différentes pistes. La validation d’identité et la certification, payables par les élèves, en sont une. Coursera croit aussi beaucoup aux partenariats BtoB et aux MOOCs d’entreprises créés sur demande…


Titre « Qu’est-ce qui plaît dans les MOOCs ? »
Source : Cégos – Blog de la formation professionnelle & continue
Date : 4 mai 2014
Auteur(e) : Mathilde Bourdat

Selon l’enquête de Cegos, réalisée à partir de leur propre plateforme, la somme des réponses « Parfaitement bien » et « Assez bien » à la question « la formation suivie répondait-elle à vos besoins ? » atteint 82 %. S’il est impossible, à partir d’ un échantillon aussi restreint (50 personnes) de tirer des conclusions fermes, on peut néanmoins déduire de ces chiffres que les MOOCs sont vraiment installés dans l’offre de formation et qu’ils conviennent aux stratégies d’apprentissage, aux motivations, aux besoins, d’une partie des apprenants. Selon l’auteure de cette mini-étude, ce sont les verbatims des répondants qui permettent de mieux cerner ce qui plaît – ou ne plaît pas – dans les MOOCs.

1er enseignement : la qualité et l’utilité d’un MOOC pour ses participants relèvent des mêmes principes que ceux de toute conception pédagogique, à savoir la motivation générée,  les ressources mises à disposition pour apprendre, la cohérence et l’originalité des activités, l’interactivité et les learning outcomes (produits par l’apprenant, qui reflètent sa compréhension et le degré d’atteinte des objectifs).
2e enseignement : le libre choix, à la fois du MOOC et du niveau d’engagement – y compris le droit de ne pas aller au bout lorsque l’on a trouvé ce que l’on venait y chercher – semble un facteur essentiel de motivation. Particulièrement pour les entreprises : « Celles qui se sont lancées dans l’aventure apprécient en premier lieu son avantage low-cost permettant de dispenser des formations à un plus grand nombre pour un moindre coût (…). C’est aussi leur aspect évolutif, leur souplesse, l’interaction et l’évaluation finale qui ont séduit les RH », note Filipine Guyaunnaud dans Actu RH. Ceci amène plusieurs questionnements en guise de conclusion : qu’en sera-t-il de la motivation si le MOOC devient obligatoire, un outil parmi d’autres de la politique de formation de l’entreprise ? Quels choix laisser à l’apprenant dans ce contexte ?


Titre « Formateurs : pourquoi et comment digitaliser les formations ? »
Source : Cégos – Blog de la formation professionnelle & continue
Date : 26 octobre 2015
Auteur(e) : Mathilde Bourdat

Certains usages numériques permettent de redéfinir l’expérience des apprenants, de l’enrichir. Introduire le digital dans nos formations, c’est donc nous demander en quoi les technologies peuvent favoriser un engagement plus actif des apprenants, et le réinvestissement des acquis en situation de travail.

Le « formateur digital novice » est souvent perdu devant l’abondance des outils mis à sa disposition (MOOCs, Prezi, Evernote, Canva, Google docs/drive, Trello etc.). Chacun d’eux demande un temps d’appropriation. Il n’est pas toujours évident d’expérimenter l’usage du digital devant des participants exigeants. Mais voilà, un jour on se lance et finalement les expériences apprenants et formateur se trouvent tellement enrichies que l’on ne conçoit plus de faire sans… Le modèle SAMR – pour Substitution, Augmentation, Modification, Redéfinition – élaboré par le chercheur américain Ruben Puentedura, spécialisé dans les thématiques de l’éducation, est un bon repère pour progresser individuellement dans les usages pédagogiques du digital.Par substitution, il induit le fait que « la technologie est utilisée pour effectuer la même tâche qu’avant ». Par augmentation, que « la technologie agit comme substitution directe d’outil, avec amélioration fonctionnelle ». Par modification, que « la technologie permet une reconfiguration significative de la tâche ». Et enfin par redéfinition, que « la technologie permet de créer de nouvelles tâches, auparavant inconcevables ».

À propos de l'auteur

Loïc Le Gac

Learning Experience Designer

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