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Social Learning : Qu’est-ce que c’est finalement ?

Le Social Learning est une évolution des pratiques d’apprentissage. C’est un mode d’apprentissage qui permet de partager, de construire, d'échanger avec d’autres (des collègues, des tuteurs ou des experts) à distance via des outils collaboratifs (chat, blog,…) ou des réseaux sociaux d’entreprises. Ainsi chaque apprenant peut interagir, partager et donner son avis sur le contenu et capitaliser ses connaissances.

Les échanges favorisés dans les MOOC (Massive Open Online Course), ces formations en ligne ouvertes à tous (aussi appelées cours en ligne ouverts et massifs), accélèrent le passage du e-learning au Social Learning.
Il faut savoir qu’il existe deux types de cours en ligne : les xMOOC et les cMOOC.

  • Dans les xMOOC, le contenu et les objectifs d’apprentissage sont définis par les formateurs. C’est un modèle classique de cours, mais appliqué au web et s’adressant potentiellement à un grand nombre de personnes.
  • Basés sur la théorie de la connectivité, les cMOOC offrent à l’apprenant la possibilité de contribuer à l’élaboration du contenu. Les discussions et la matière proposées sont tout de même structurées par des organisateurs.

Ceci étant dit, un MOOC peut être un mélange de ces deux modalités. Ainsi, en positionnant l’apprenant au centre de son apprentissage et en lui donnant accès à un groupe beaucoup plus large de personnes susceptibles de l’aider, les MOOC ont permis à l’apprentissage collaboratif de se développer.

Social Learning : définition

Une étude menée, dès le milieu des années 90, par des scientifiques* sur les modes d’apprentissage dans le milieu professionnel a montré que :

  • 70% de nos apprentissages sont issus de nos expériences et pratiques de travail au quotidien,
  • 20% se font par l’intermédiaire de nos interactions informelles avec les collègues ou des interlocuteurs professionnels divers (interactions sociales)
  • 10% proviennent de formations structurées, formelles (du formateur vers les apprenants).

Nommé « 70.20.10 », ce modèle, connu de nombre de professionnels de la formation, intéresse de plus en plus d’entreprises cherchant grâce au Social Learning à encourager leur personnel à apprendre les uns des autres et à collaborer pour co-construire des savoirs, des pratiques et des compétences.

L’expert en Informal Learning, Jay Cross, déclarait en 2006 dans son ouvrage “Informal Learning” que la grande majorité des compétences professionnelles s’acquièrent de manière informelle. Aujourd’hui, on considère même que ce pourcentage atteint les 80%.

Bien que la notion de Social Learning ne soit pas liée par définition à une activité en ligne et à l’utilisation des environnements « Social Media » (elle peut se réaliser hors ligne : groupes de discussions, de conférences), la montée en puissance de nombreuses technologies place l’apprentissage collaboratif sur un terrain très largement numérique. En effet, cette évolution du Web permet actuellement aux apprenants de devenir de véritables acteurs et contributeurs avec des outils tels que les wikis, forums, blogs et réseaux sociaux.

Les apprenants échangent de manière synchrone et asynchrone avec la communauté. Ils partagent leurs connaissances, développent leurs savoirs, collaborent et progressent ensemble. L’apprenant n’est plus uniquement destinataire du savoir dispensé par le formateur, mais il devient acteur du dispositif de formation. Il participe ainsi à son propre apprentissage et collabore avec le formateur et les autres apprenants.
 

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Qu’en est-il aujourd’hui ?

Aujourd’hui, la définition du Social Learning est largement assimilée aux réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter ou encore LinkedIn. Ces réseaux sociaux apportent des outils permettant de faciliter le développement de l’apprentissage via le numérique et donc l’apprentissage à distance. Les plateformes de réseaux sociaux (réseaux de relations sociales, Blogs et de contacts professionnels, réseaux d’images et de vidéos…) ont permis de populariser et de standardiser un nombre de fonctionnalités (le «like», les commentaires, les posts, les messageries instantanées, les groupes de discussion, les wikis, les conférences vidéo…). Ces outils autorisent la construction de communautés virtuelles.

Cependant, ces réseaux ne sont pas vraiment adaptés à la formation, car les codes habituellement utilisés en formation ne s’y trouvent pas. Si dans certains cas les formats traditionnels peuvent être adaptés à l’apprentissage social, pour la majorité des besoins ce n’est pas exact. De ce fait, il existe de nouveaux canaux spécifiques tels que la classe virtuelle, la plateforme LMS…

Il faut savoir que s’il existe une place pour l’apprentissage collaboratif dans la formation, il est impossible de développer de l’informel sans avoir une structure formelle, la communauté ne pourra pas s’initier si une accroche ne lui est pas donnée. Les outils de création du numérique (LCMS, outils auteurs, outils de rapid learning) permettent de créer la matière pédagogique formelle autour de laquelle peuvent se greffer des communautés d’apprentissage.

Même si les outils sont importants et ont un impact indéniable, les apprenants sont le centre du système du Social Learning. Ceci dit, essayer de mettre en place une communauté sans une personne dédiée à son animation conduira à l’échec. Quatre étapes sont à respecter pour la mise en place d’un apprentissage collaboratif :

  • bien choisir les sujets,
  • donner du rythme,
  • avoir du volume,
  • animer la communauté.

Ainsi, il est indispensable d’avoir des acteurs dédiés pour réussir un projet grâce à l’apprentissage social : tuteurs et community manager.

De l’intérêt du Social Learning

L’apprentissage social peut être un apport indéniable à la formation traditionnelle par les discussions et les partages d’expériences apportés par les apprenants :

  • Servir à développer les compétences et les savoirs acquis sur un mode formel des apprenants en les incitant à se les réapproprier grâce au partage et à la collaboration avec les autres.
  • Aider les apprenants à constituer un environnement d’apprentissage personnel en lien direct avec leur travail, notamment par le référencement, sur la base de problématiques données, des ressources utiles trouvées sur des blogs, des forums, des sources qualifiées…
  • Il aide à constituer des communautés de pratique pour des groupes ciblés (nouvelles recrues, parties prenantes d’un projet donné, équipes opérationnelles…).
  • Il facilite la constitution de bases de données structurées à partir d’outils informels. L’utilisation de ressources collectées par le Social Learning permet de croiser des ressources très variées et participe à faire émerger des solutions concrètes, pas nécessairement appréhendées par la formation traditionnelle.

En conclusion

Le Social Learning est une modalité de formation au même titre que le présentiel ou que les autres modes d’e-Learning. Il peut être utilisé de façon isolée, mais la véritable innovation vient de la capacité à mixer les modalités pédagogiques en utilisant les différents outils digitaux à disposition. Il convient de choisir la ou les modalités en fonction d’un contexte donné, d’objectifs visés et des besoins observés. Afin de tirer le meilleur parti de cette modalité, il faut s’assurer d’utiliser à bon escient les outils de Social Learning et ses différents acteurs.

* (Morgan McCall, Robert Eichinger et Michael Lombardo du Centre for Creative Leadership en Caroline du Nord)

 

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